Le Femme Hindoue

La nature et la fonction de la femme selon l’hindouisme

Pour l’Hindou, toute femme est l’expression perceptible de la déesse, non point seulement un être humain qui la symbolise, mais la manifestation mystérieuse de ces aspects de la puissance cosmique qu’il nous faut apprendre à pénétrer et à comprendre pour échapper au cycle interminable de l’illusion que nous croyons être la vie, alors qu’il s’agit seulement de son seul aspect temporel. Pour comprendre le comportement de la société et de l’homme hindou à l’égard de la femmme, il faut à chaque instant se rappeler son double rôle de servante et de déesse qui en fait un être dépendant sur un plan, divinisé et vénéré sur un autre, exprimant du point de vue hindou la nature même du principe féminin (prakriti).

Dans l’hindouisme, la nature de la femme, comme sa fonction, est double. Toute femme possède deux natures, deux caractères entièrement dictincts. Elle est épouse et elle est mère.

Comme amante, elle représente la force, la puissance créatrice du principe mâle, sans elle stérile. Elle est son inspiration, l’instrument de sa réalisation, la source de son plaisir. Elle est l’image de la shakti, la puissance et la joie des dieux, qui, sans elle, n’ont point d’existence. Dans son rôle d’épouse la femme se réalise, est la perfection d’elle-même ; par sa soumission à l’homme dans l’ordre social, elle atteint l’idéal que l’homme doit gagner par sa force. L’homme est pour la femme hindoue la personnification même du divin. Elle n’a besoin, au fond, d’aucune autre image[2]. Son rituel principal consiste à honorer ce dieu. En vénérant et en servant son époux, elle accomplit la totalité de sa fonction, la réalisation totale de sa condition physique.

Mais c’est dans son rôle de mère que la femme représente l’aspect transcendant du divin. Elle est le refuge suprême. Le mâle (pourousha) ne joue plus ici aucun rôle. La déesse-mère est la source unique de l’être, l’état suprême du conscient,le principe de la vie. Elle est l’image de la nuit primordiale auquel aspire l’homme ballotté sur l’océan de la vie et qui cherche à retrouver l’état de perfection, la paix totale dont il est sorti. C’est donc en tant que mère que la femme est le symbole de l’aspect transcendant du divin, en tant que mère qu’elle est divine et vénérée. La mère est dépourvue d’artifices, elle est « sans maquillage » (niranjana). Elle est le réconfort de l’homme errant dans les déserts du monde. Elle est le pardon, la charité, la compassion sans limites.

Du point de vue hindou, la femme qui réalise la perfection de l’état matériel est la porte même du ciel.

Place de la femme dans l’antiquité indienne

Dans l’antiquité, il semble que la femme ait joui d’un niveau égal et parfois même supérieur à celui de l’homme. aucun rituel ne pouvait être exécuté par l’homme sans la participation de sa femme. Les femmes étaient mariées après l’adolescence, les mariages tardifs n’étant pas inconnus. Elles pouvaient choisir leur(s) époux et même se marier hors de leur caste socio-professionnelle. La polygamie se pratiquait principalement dans les familles royales pour des raisons politiques[1]. Les femmes pouvaient librement bénéficier d’une éducation très poussée et nous avons plusieurs exemples de femmes savantes durant cette période : pour n’en citer qu’une, Gargui, femme de Mandana Mishra, avait été juge grâce à son érudition. Les femmes accomplies ne manquaient pas, telle Kaikêyê qui lutta aux côtés de son mari sur les champs de bataille.

Place de la femme en Inde pendant le règne des empires islamiques

A la suite des invasions musulmanes et la rigidification du système des castes socio-professionnnelles (jâti) qui s’en suivit en réaction, la liberté de la femme devint plus restreinte. Dans les milieux musulmans, la femme devait porter le voile et rester chez elle. Les femmes hindoues, surtout celle qui appartenait aux hautes castes socio-professionnelles, devaient également se cacher le visage et se cloîtrer à la manière de la mode islamique de l’époque moghole. C’est sous la période de domination islamique que la dot (donner de l’argent pour la famille du futur époux) s’instaura.

Place de la femme aujourd’hui en Inde

A partir du XIXe siècle, le contact avec l’Occident donna naissance à un mouvement de réforme sociale et religieuse dont le but était de purifier l’hindouisme de certaines pratiques qui étaient entrées dans les mœurs mais qui ne jouissaient d’aucune sanction dans les textes de la Tradition (comme l’intouchabilité par exemple). Les réformateurs hindous comme Rammohan Roy, Iswar Chandra Vidyasagar, Swami Vivekananda et Mahatma Gandhi ont lutté contre la pratique du bûcher funéraire des veuves, l’infanticide des filles, les mariages précoces des jeunes filles et pour l’éducation féminine en général.

Bien que de nombreux problèmes subsistent en Inde à ce sujet, inhérent à un pays dont les indicateurs socio-économiques sont ceux d’une population très pauvre matériellement, la constitution indienne garantit aux femmes un statut égal à celui de l’homme ainsi que le droit à la succession.

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